C'est la vision de The Crow de Tim Pope. Ce réalisateur, lui aussi venu des clips, a cru bon d'essayer d'adapter l'œuvre d'O'Barr à sa sauce. City of Angels est entre la suite de The Crow et un film complètement différent. Certains aspects se recoupent, d'autres sont contradictoires.

 

La BD de City of Angels se compose de 3 volumes (sortis en France chez Disjoncteur) d'environ 15 pages chacun, ce qui nous fait une œuvre complète de 50 pages avec les dizaines d'articles sans intérêts qui accompagnent cette brochure... elle aussi sans intérêt ! Le dessinateur, non, illustrateur de cette pâle copie du The Crow d'O'Barr est un illustre inconnu qui le restera pour des raisons que je me garde de vous donner. Seul la couverture des volumes est d'une qualité presque honorable, et, est signée de Tim Bradstreet. Pour ce qui de l'histoire c'est exactement la même que celle du film, la BD ayant été réalisée à la demande de Tim Pope pour conserver cette "tradition très BD". Donc, pour ce qui est de la BD, la comparaison est vite faite... Il ne doit pas y avoir de comparaison. Ce livre ne fait pas preuve de la même créativité que le The Crow d'O'Barr.

 

City of Angels se voulait être la suite de The Crow, mais dans l'histoire même de The Crow, il ne peut y avoir de suite. Donc, déjà City of Angels se posait un peu comme une erreur. Mais, malgré cette contradiction, le film était très attendu par les fans de la première version (moi en l'occurrence), nous savions tous que nous n'allions pas avoir le même plaisir que pour le film d'A. Proyas, mais l'envie de voir Iggy Pop dans le rôle du méchant pervers nous intriguait tous. Commençons par le commencement, alors que James O'Barr écrit une suite à The Crow, un jeune réalisateur américain décide d'en tourner la suite en faisant fi des planches déjà ébauchées par le dessinateur et créateur du mythe de The Crow (O'Barr commençait Dead Time). Il demande à un jeune illustrateur de lui faire le story board, dans le but de le publier, et commence son film. Voilà comment est né City of Angels, on est loin de l'histoire d'homme qui avait porté The Crow. Pour interpréter le rôle principal de son film, Tim Pope n'hésite pas, il demande au suisse Vincent Pérez. Il faut noter que participe aussi Iggy Pop à ce film...

 

L'histoire de la cité des anges est différente de celle de The Crow tout en gardant quelques points obscures au niveau de certains personnage. Le héros de ce film, c'est Ashe Corven (Ashe veut dire cendre en anglais, parce que le personnage renaît de ces cendres à expliqué Tim Pope), un garagiste, père d'un garçon de 10 ans, dont la mère est décédée. Ils vivent Los Angeles (comme le dit le titre du film !) et sont, malgré eux, témoins d'un meurtre. Les assassins ne pouvant tolérer de laisser quelques témoins que ce soit, laisse à leur chef, Juda, le choix de leur vie. Celui-ci décide de les faire exécuter. Ashe et son fils sont jetés, après avoir reçu une balle dans la tête, dans l'océan Pacifique. Un an plus tard, un corbeau prévient Sarah, une jeune femme que quelques chose c'est passé sur le ponton au bord de l'océan, celle-ci décide de s'y rendre, c'est alors que surgit de l'eau Ashe Corven ressuscité par le corbeau pour sauver son fils. Mais l'amour qu'il va avoir pour Sarah va lui faire oublier ses priorités et il pensera d'abord à sauver Sarah qu'à venger son fils. Les personnages, dans cette version de The Crow, sont bien les seules choses qui peuvent être intéressantes. Ashe Corven est un héros quelque peu simple. Il faut admettre que Tim Pope a bien su faire ressortir le côté psychologique du retour à la vie...

 

 

Le personnage de Vincent Pérez est beaucoup plus proche de la folie que celui de Brandon Lee. Mais, le personnage le plus intéressant de City of Angels est celui de Sarah. Sarah est un jeune femme née à Détroit, qui a un corbeau tatoué dans le dos. Elle peut parler avec le corbeau, elle connaît les pouvoir qu'a le "crow". Elle sait, quand elle voit Ashe, qu'il revient de la mort... Enfin, pour tous ceux qui ont suivit, il semblerait que Sarah de The Crow aie grandie et qu'elle soit devenue tatoueur à Los Angeles. Ce rapprochement à quelque chose d'intéressant, bien qu'il soit un peu lourd à réaliser (vu le nombre de sous entendus). Cybil et Juda sont deux autres personnages importants dans le film. Juda est la proie d'Ashe. Mais le rapport entre Juda et Ashe n'est pas le même qu'entre Top Dollar et Eric. Juda n'a aucun respect pour Ashe. Juda veut juste lui voler son pouvoir, ce que ne voulait pas Top Dollar, TD voulait juste une confrontation entre la justice et le chaos, Juda, lui, veut le pouvoir d'Ashe. Cybil est une fidèle de Juda, elle lit l'avenir et elle saisit les messages du crow. C'est elle qui guide Juda vers le pouvoir du corbeau.

 

Ce film n'est pas une adaptation de The Crow qui mérite d'être véritablement estimée au même niveau que celle d'A. Proyas. Le film de T. Pope perd le caractère exceptionnel qu'avait l'œuvre d'O'Barr. Devant City of Angels, on se demande franchement si c'est The Crow que l'on regarde ou un film de science-fiction quelconque genre Batman. Cette mise en scène perd le côté gothique et musical du premier film (la musique n'étant pas de la même qualité que celle de The Crow). Comme pour la BD, City of Angels ne devrait pas être comparé à The Crow.

 

James O'Barr, 10 ans après l'œuvre originale de The Crow s'était décidé à reprendre sa plume pour confectionner la suite de The Crow, suite adaptable au cinéma. Mais comme il est dit plus haut, Tim Pope n'eut pas la patience d'attendre la fin de Dead Time pour tourner la suite de The Crow (peut-être aurait-il du ?)... Malgré tout, James O'Barr a fait paraître, enfin, la suite de la mythique BD. Sur un scénario de John Wagner, une histoire de J. O'B., lui-même, et illustrée par Alexander Maleev, Dead Time n'est pas réellement la suite de The Crow, mais le recommencement de l'histoire du corbeau.

 

Joshua est un membre de la nation Crow, une nation indienne. Pour s'intégrer, il a adopté le mode de vie des blancs (il vit au XIX°) et est devenu fermier. Mais, vers 1860, lui et sa famille son assassiné par des renégats sudistes. Un siècle plus tard, les meurtriers se sont réincarnés en une bande de motards... C'est là qu'intervient le corbeau, c'est lui qui ramène Joshua à la vie, après cent ans d'attentes, pour qu'il puisse enfin venger l'affront qui a été fait à sa famille. Joshua a peu de choses près est complètement différent d'Eric Draven. Joshua connaît le corbeau, c'est son seul lien entre le monde des réels et son monde. Le corbeau, d'ailleurs, dans cet album n'est pas représenté que sous forme de rêve (cf. The Crow), il est bien présent physiquement, et il a même pris la parole. Alors que quasiment jamais il ne s'adressait à Eric, maintenant, il parle directement à Joshua. Pour ce qui est du style Dead Time est plus loin de celui de The Crow. Les images sont faites plus flous, excepté le personnage principal Joshua, qui lui reste toujours droit fixe. C'est un style un peu photographique... C'est vrai que les The Crow, autant le 1° que le 2° se rapprochent beaucoup de story board d'excellente qualité. Dead Time est incontestablement ce que l'on devrait nommer The Crow 2. Bien que l'auteur se garde de trop reprendre des idées de son premier chef d'œuvre. Il est très regrettable que ce ne soit pas cette histoire qui ait été filmée...