Un monde humide et grouillant de malfrats, tous plus loqueteux les uns que les autres, bouffis de vanité, de drogue ou/et de fric. Sa vision de la cité, noire est moite, nette et claire. La nuit omniprésente, les immeubles miteux, les bars louches. Puis tout s'éclaire, vous venez de rentrer dans l'univers des rêves et des souvenirs et le monde s'éclaire, et tout au fil de l'intrigue, le lecteur est amené ainsi, du rêve a la réalité, du passé au présent, de la mort a la vie. Il semblerait presque que d'un dessin a un autre, le style change, s'adapte aux nécessités de l'intrigue afin d'emmener le lecteur dans des impressions au delà du dessin. Ainsi, toutes les séquences consacrées a l'intrigue au présent sont elles travaillées trait par trait, avec le souci du détail.

 

 

A l'inverse, les séquences oniriques du récit, dénotent un style plus souple, plus lâché, l'utilisation des demi-teintes, des traits plus approximatifs, un véritable flou artistique. Ainsi, dans l'évolution et la construction de l'histoire, on assiste en parallèle a la vengeance d'Eric et au drame qui en est la cause, ainsi qu'aux scène de sa vie avant ce drame et ce changement de style permet au lecteur de ne pas se perdre dans ce dédale.